Lompo et al., 2024. Connaissances, sensibilisation et pratiques à risque liées à la contamination bactérienne par les antiseptiques, les désinfectants et les produits d’hygiène des mains chez les professionnels de la santé en Afrique subsaharienne

avril 24, 2024

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Bactériologie

Lire le dernier article de Palpouguini Lompo

Contexte : Les antiseptiques, les désinfectants et les produits d’hygiène des mains peuvent être contaminés par des bactéries et être à l’origine d’infections associées aux soins de santé, qui ne sont pas suffisamment signalées dans les pays à revenu faible ou intermédiaire. Afin de mieux comprendre les facteurs de risque liés à l’utilisation de ces produits, nous avons mené une enquête sur les connaissances, la sensibilisation et les pratiques du personnel hospitalier en Afrique subsaharienne (Bénin, Burkina Faso et RD Congo).

Méthodes : Questionnaire auto-administré distribué au personnel soignant de trois hôpitaux de soins tertiaires (Burkina Faso, Bénin, République démocratique du Congo).

Résultats : 617 travailleurs de la santé (85,3 % du personnel (para)médical et 14,7 % du personnel auxiliaire) ont participé. Moins de la moitié (45,5 %) avaient été formés à la prévention et au contrôle des infections (IPC), et seulement 15,7 % avaient été formés il y a moins d’un an. Près des deux tiers (64,2 %) préféraient le savon liquide pour l’hygiène des mains, contre 33,1 % pour le rince-mains à base d’alcool. La plupart (58,3 %) ont exprimé leur confiance dans les produits disponibles localement. La connaissance des catégories de produits, des conditions de stockage et de la durée de conservation était insuffisante : l’éosine était considérée comme un antiseptique (47,5% du personnel (para)médical), la durée de conservation et les conditions de stockage (récipient non transparent) du chlore 0,5% fraîchement préparé n’étaient connues que par 42,6% et 34,8% des participants, respectivement. Environ un tiers des participants ont approuvé l’utilisation de l’eau du robinet pour la préparation du chlore 0,5 % et du savon liquide. La plupart des participants (> 80 %) désapprouvent le recyclage des bouteilles de boissons gazeuses en tant que récipients pour le savon liquide. Près des deux tiers (65,0 %) ont déclaré que les bactéries pouvaient être résistantes et survivre dans l’ABHR, contre 51,0 % et 37,4 % pour la povidone iodée et le chlore à 0,5 %, respectivement. Les pratiques à risque décrites (n = 4) ont été ignorées par 30 à 40 % des participants : elles comprenaient le fait de toucher le bord ou le contenu des récipients de stockage avec des compresses ou de petits récipients, le stockage de boules de coton imbibées d’antiseptique et le fait de toucher avec la main le bec d’un distributeur de pompe. Remplir les conteneurs en faisant l’appoint est considéré comme une bonne pratique par 18,3 % des participants. La moitié (52,1 %) des participants ont reconnu que les récipients étaient réutilisés indéfiniment. Hormis de légères différences, les résultats étaient similaires dans tous les sites d’étude et dans tous les groupes professionnels. Parmi le personnel formé à l’IPC, les proportions reconnaissant les 4 pratiques à risque étaient plus élevées que chez le personnel non formé (35,9 % contre 23,8 %, p < 0,0001).

Conclusions : Les présents résultats peuvent guider une formation adaptée et la mise en œuvre de la PCI dans les établissements de santé et au niveau national, et sensibiliser l’intérêt des parties prenantes et des bailleurs de fonds.

Lire la ressource complète : Lompo et al., 2024 Connaissances, sensibilisation et pratiques à risque liées à la contamination bactérienne par les antiseptiques, les désinfectants et les produits d’hygiène des mains chez les travailleurs de la santé en Afrique subsaharienne : une enquête transversale dans trois hôpitaux de soins tertiaires (Bénin, Burkina Faso et RD Congo)

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